Domination

26/12/2015-BIBLIO : Fraternités, emprises, esclavages

« L’esclavage est une relation intersubjective et une structure de lien, une pratique de domination et une situation d’aliénation ». p.247

« Si le psychanalyste peut dire : la fraternité est le lien social, le socio-anthropologue dira, au point où il en est, qu’elle est une composante du lien sociale. C’est du rapprochement et de l’éloignement par rapport à un lien social possible (et déjà-là), ayant pour composante la fraternité, que les contributeurs à cet ouvrage parlent. […] L’éloignement le plus marqué par rapport à la fraternité et au lien social, c’est l’esclavage. On ne peut oublier néanmoins qu’il est une « relation intersubjective » et une « structure de lien ». Comme si il ne pouvait échapper totalement à l’humanité ! » p.247

« L’esclavage, même s’il maintient du lien et de la relation, est a-humain et in-humain » p.248
« Nécessité d’une réflexion et d‘une recherche sur des antinomies telles que la fraternité et esclavage et sur ce que peut-être l’emprise lorsque le lien social s’éloigne ou se rapproche de la fraternité. On peut voir aussi qu’à partir de l’emprise ce sont des médiations qui apparaissent, socialisation ou aliénation qui humanisent, déshumanisent ou a-humanisent le lien social ». (p.252)
Cet ouvrage est issu de deux rencontres-débats organisées par le Collège International de Psychanalyse et d'Anthropologie. Les auteurs interrogent comme voie d'accès, l'emprise, condition du lien social, avec ses différentes attaches et aliénations. On a aimé l'article de Georges Zimra : pourquoi les hommes libres deviennent-ils esclaves? L'auteur avance que « la seule course aux richesses devient le moteur de la quête d'une puissance inégalée, où l'on se sacrifie en sacrifiant les autres, on se détruit en détruisant les autres, dans les luttes, les guerres, les violences, une course qui ne finit jamais de finir sous peine de mourir». A méditer...

DIMON Marie-Laure (dir) (2012). Fraternités, emprises, esclavages. Psychanalyse et anthropologie critique. Paris : L'Harmattan, 252p.