Le système de la dette

01/05/2015 – BIBLIO : Les fonds vautours. Sanou Mbaye

« De surcroît, les pays africains affrontent les fonds d’investissement baptisés « fonds vautours ». Ceux-ci achètent à prix bradés, sur le marché secondaire, des créances dues par des États en difficulté. Ils attendent ensuite le retour de ces pays à une situation normale (la fin de troubles politiques, par exemple), puis ils les traduisent devant les juridictions des États-Unis et du Royaume-Uni pour le recouvrement des dettes, des arriérés de remboursement et des intérêts. Une première vague a laminé l’Afrique entre 2000 et 2008, année de la crise financière mondiale. Le nombre exact d’attaques est difficile à évaluer, car, pour ne pas affecter leur image, les États préfèrent éviter la médiatisation et négocient avec les fonds vautours en marge des tribunaux ».

MBAYE Sanou (2015). Métamorphose de la dette Africaine. Le monde diplomatique, mai 2015.
 

05/02/2016 - BIBLIO : La Norvège annule ses « dettes illégitimes » envers cinq pays du Sud

« La Norvège, classée 4e pays sur les 21 pays riches pour son engagement dans la lutte contre la pauvreté dans le monde par le Centre pour le développement mondial, vient de décider d’annuler 62 millions d’euros de dettes de cinq pays du Sud (Equateur, Egypte, Jamaïque, Pérou et Sierra Leone). Dettes qu’elle considère comme « illégitimes ».
Ces dettes ont été contractées dans le cadre de la « campagne de crédits aux exportations navales » de 1977 à 1980, un programme au cours duquel 156 navires norvégiens furent exportés au titre de l’aide au développement, pour faire face à la crise qui touchait alors l’industrie de la construction navale et pour protéger l’emploi dans cette industrie sans tenir compte de l’analyse objective des besoins de développement des pays acheteurs.
Les dettes illégitimes représentent une grande part des dettes contractées par les pays pauvres du Sud. Elles concernent les projets de développement mal conçus qui n’auraient jamais dû être financés, ou des prêts qui n’ont pas bénéficié ni à la population, ni à l’Etat débiteur (les fonds ayant servi aux dirigeants corrompus des pays débiteurs ou aux pays créanciers).
C’est la première fois qu’un pays créancier, de surcroît membre du Club de Paris, réunissant les dix-neuf pays créanciers les plus riches du monde, admet la notion de « dette illégitime ».
Cela confirme implicitement la responsabilité des pays riches du Nord dans le surendettement et le mal-développement des pays pauvres du Sud, et la nécessité d’annuler ces dettes».

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-norvege-annul...
 

01/02/2016 – BIBLIO : « Initiative pays pauvres très endettés »

« L'initiative pays pauvres très endettés (PPTE, HIPC Heavily Indebted Poor Countries en anglais), est une initiative qui vise à assister les pays les plus pauvres du monde en rendant leurs dettes internationales « soutenables ».
Ce programme fut lancé par l'action conjointe du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale en 1996. Il a subi une révision et une réforme en 1999 (Initiative PPTE renforcée). La réduction de la dette est normalement fonction des efforts dans la lutte contre la pauvreté des pays concernés.
Le programme PPTE concerne 42 pays en septembre 2006, dont les trois quarts sont situés en Afrique subsaharienne (40 pays fin août 2006).
Ce programme, pour certains, répond à une logique contre-productive car, pour qu'un pays fasse partie du programme, il faut qu'il soit listé parmi les pays les plus endettés, ce qui a pour conséquence que les pays fournissant de grands efforts pour effacer leurs dettes se trouvent écartés du programme, alors que les pays laxistes économiquement pourront faire partie du programme.
Avant d'arriver au point de décision, le gouvernement doit appliquer pendant trois années le Document Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (DSRP). Ce document stratégique, malgré sa négociation entre le gouvernement et la société civile, se révèle agir comme les PAS. Dans l'une de ses publications, la CNUCED concède "qu'un examen détaillé des mesures macroéconomiques et d’ajustement structurel figurant dans les DSRP permet de constater qu’il n’y a pas de remise en cause fondamentale des conseils formulés dans le cadre de ce que l’on appelle le Consensus de Washington. Par exemple, en 1998, l'éligibilité de la Côte-Ivoire au programme PPTE fut conditionnée par la libéralisation complète du secteur du café pour l'année de récolte 1998-993. Or, et c'est une limite importante, les gouvernements des pays faiblement industrialisés - la situation est différente pour les économies plus industrialisées - ne parviennent pas à recouvrer par d'autres impôts l'intégralité de la perte de revenus causée par la baisse ou la suppression des droits de douane consécutive à une libéralisation du commerce (30 cents au maximum de recouvrement par dollar de perte4). La conséquence de la mise en œuvre de ces politiques est donc, pour les pays très pauvres concernés par le programme PPTE, une perte budgétaire sèche pour l'État, ce qui peut risquer d'aggraver encore davantage les problèmes budgétaires structurels de celui-ci alors que le programme était censé lui venir en aide.

D'autre part, la concertation obligatoire entre le gouvernement et la société civile ne veut pas dire qu'elle se déroule dans de bonnes conditions. Ainsi en 2002, le PNUD révèle que les négociations du DSRP du Burkina Faso entre les donateurs et les organisations de la société civile n'ont duré qu'une heure et demie5.
La dette cumulée des pays du programme PPTE ne représente que 10 % de la dette des pays en développement et 80 % de la population pauvre vit dans douze pays, Nigeria, Indonésie, Philippines, Éthiopie, Pakistan, Mexique, Kenya, Pérou et Népal) et seuls l'Éthiopie et le Kenya font partie du programme (à noter que les États cités, dont une partie font partie des grandes puissances économiques, n'ont pas demandé à participer à ce programme).
Ainsi, l'Ouganda a été le premier à avoir mené l'initiative à son terme début 2001 ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_pays_pauvres_tr%C3%A8s_endett%C...