Structures de soins

01/11/2015 - BIBLIO : L'inhibition sociale d'une néocolonisation pire que la colonisation. Bernard Hours

Bernard HOURS évoque longuement dans son ouvrage, « Domination, dépendance et globalisation », les mécanismes de néocolonisation. L’état néocolonisé ne parvient pas à être postcolonisé. Parce que l’Etat a pris la place du Blanc sans parvenir à constituer une souveraineté ou un champ d’autonomie permettant de produire le sens neuf de rapports sociaux nouveaux, les catégories antérieures sont recyclées dans la néocolonisation :
« L’aspiration au développement de cette autonomie sombre dans un mimétisme improductif dont personne ne parvient à se dégager, comme sous l’effet d’une aliénation maléfique, la néocolonisation, dont l’Etat national est le personnage central et visible. Celle-ci apparaît comme potentiellement plus déstructurante que la domination coloniale car c’est une aliénation interne auto-entretenue. Cette sensation d’un destin d’incapacité ou de parodie se substitue à la création de normes et de pratiques nouvelles. Elle développe en lieu et place du développement, une frustration sourde et une inhibition tenace qui minent la société dans ses tréfonds, comme le sentiment d’une libération ratée, confisquée par un Etat sans héritage ni aspiration, ni efficacité symbolique et réelle, faute d’une appropriation des symboles du développement : hôpitaux, routes, services sociaux…, initiant un échange durable entre l’Etat et la société civile par le « faute » de l’Etat ». p.83

HOURS Bernard. Domination, dépendances, globalisation. Tracés d’anthropologie politique. Paris : l’Harmattan, 2002, 177p.