La santé des Africains

 

SOURCES de REFERENCE : 
 
 
 
 
 
 
 
 
Statistiques UNICEF
 
Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans en 2013 pour 1000 naissances vivantes : 
 
Tchad : 167 : [un enfant sur 6 n’atteint pas l’âge de 5ans]
République centrafricaine : 139
Mali : 123
RDC : 119
Côte d’Ivoire : 100 [un enfant sur 10 n’atteint pas l’âge de 5ans]
Etats-unis : 7
France, Allemagne  : 4 [un enfant sur 250 n’atteint pas l’âge de 5ans]
 
Espérance de vie à la naissance en 2013 : 
Tchad : 51
République centrafricaine : 50
Mali : 55
RDC : 50
Côte d’Ivoire : 51
Etats-unis : 79
France, Allemagne  : 82/81
 
Utilisation de source d’eau potable améliorée % en 2013 : 
Tchad : 51
République centrafricaine : 68
Mali : 67
RDC : 46
Côte d’Ivoire : 80
Etats-unis : 99
France, Allemagne  : 100
 

 

La faim

20/01/2016 – BIBLIO : Comment lutter contre la faim dans le monde ?
 
«La faim se concentre progressivement dans deux zones géographiques : l’Afrique subsaharienne, où le nombre de sous-alimentés est passé de 87 millions à 234 millions entre 1971 et 2010, et la péninsule indienne, où il reste désespérément stable, autour de 220 millions. (p.109)
Un commerce international doit bien sûr persister, mais ce n'est pas sur lui qu'on doit compter pour nourrir la planète. Le « libre-échange » qui met en concurrence des partenaires inégaux et provoque des effets de dépendance, est souvent un jeu de dupes. Vu les différences énormes de productivité dans le monde agricole (les taux de productivité peuvent varier de 1 à 200), le commerce international ruine purement et simplement les paysans des pays dont l'agriculture est la moins efficace. C'est du reste ce qu'avaient compris les régions plus productives du monde - Amérique du Nord, Europe de l'Ouest et Chine -, où les progrès agricoles se sont opérés grâce aux subventions publiques et à l'abri de lourdes barrières douanières. Toutes choses que ces mêmes pays refusent aujourd'hui aux pays africains, au nom des vertus supposées du « libre-échange» ! En matière agricole et alimentaire, les dogmes libéraux promus par les institutions internationales ont des effets dramatiques, que la dérégulation financière et la spéculation ne cessent d’amplifier : en cas de mauvaise récolte, les cours augmentent et provoquent famines et troubles sociaux dans de nombreux pays ; en cas de bonnes récoltes, l'effondrement des cours entraîne la migration de millions de paysans vers les villes. (p.111)
Il ne suffit pas de produire. Si on veut que chacun mange, y compris dans les bidonvilles et dans les campagnes les plus reculées, il faut aussi s'assurer que chacun ait physiquement accès à la nourriture qu'il ne peut pas produire et dispose de revenus suffisants pour l'acquérir. C'est la substance des politiques dites de « Faim zéro » initiées au Brésil. Lorsque le président « Lula » da Silva est arrivé au pouvoir au Brésil en 2003, il a observé que, dans ce grand pays agricole qui exporte massivement soja, maïs, café, sucre, jus d'orange et viande, 70 millions de Brésiliens étaient en état d'insécurité alimentaire (soit plus du tiers de la population). Il trouva alors un mot d'ordre simple et puissant, « Faim zéro », et décida d'intervenir sur les revenus des mères de famille en leur donnant une subvention mensuelle, de type allocations familiales, la Balsa Famîlia, payée de façon moderne et électronique via des cartes de crédit ou des puces de téléphone portable, ce qui permettait de la réserver à l'achat de produits alimentaires. Le tout couplé avec un train de mesures de soutien à l'agriculture familiale, au commerce local et à la restauration scolaire. Entre 1999 et 2009, ce programme a permis à 20 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté (qui est passée de 28 % à 10 % de la population). La malnutrition infantile a diminué de 61 %, la mortalité infantile de 45 % et la pauvreté rurale de 15 %, en favorisant l'agriculture locale et la consommation de produits locaux (p.113)».
 
PARMENTIER Bruno (2015). Comment lutter contre la faim dans le monde. BADIE Bertrand, VIDAL Dominique (2015). Un monde d’inégalité. L’état du monde en 2016. Paris : la découverte, 2015, 250p. (p.58-59)