Les sociétés écrans

Les sociétés écran

05/2015 – BIBLIO : Les sociétés écran (Survie)

« Chantal Cutajar enseigne le droit pénal des affaires à l’université de Strasbourg. Elle dirige le collège européen des investigations financières. « les sociétés écran sont au cœur des montages qui ont permis, dans l’affaire dite des « biens mal acquis » de transférer et blanchir des sommes considérables issues de la corruption et de détournement de fonds publics, notamment par le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassiu Nguesso […]. La condition essentielle de ce blanchiment est l’opacité offerte par les paradis fiscaux et judiciaires, qui proposent notamment la possibilité de créer des sociétés écran. […] Quand on crée une société écran, on rend l’argent actif dans l’économie légale : on peut investir, faire des affaires, obtenir des revenus d’activités licites à partir d’argent criminel. Par le biais des sociétés écran, l’économie légale est peu à peu contaminée par l’économie criminelle. Tout d’abord, elle est domiciliée dans un pays qui propose une certaine opacité protégeant de la curiosité du fisc ou de la justice, d’où l’expression de paradis fiscal et judiciaire. Dans ce pays, il est possible de créer une société dont le directeur et les actionnaires éventuels sont des hommes de paille, des prêtes-noms rémunérés pour tenir ce rôle. Le propriétaire réel des fonds criminels ou frauduleux s’abrite derrière ces hommes de paille, son nom n’apparaît pas. »

DORIDANT Raphaël (2015). « Pour une Europe plus juste, neutralisons les sociétés écran ». Survie, n°246, mai 2015, p.4.