Anthropologie des rires noirs (en cours)

Où la drôle d'histoire d'un monde qui prend (le) soin de l'Afrique

Anthropologie des rires noirs, la deuxième grande recherche de Let-Know Café !

Ce n'est pas une histoire drôle mais une drôle d'histoire...

 

Un jour, au centre de l’Afrique, un jeune médecin blanc (notre gérant) partage la veille de son retour en Europe, un dernier repas avec le personnel soignant africain d'un dispensaire de brousse. Kar, le plus âgé de ceux-là, fait un discours d’adieu. Il témoigne au jeune toubib son affection, et lui dit sur un ton bienveillant autant qu’amusé d’un large sourire : « un médecin blanc qui vient soigner les noirs, c’est bien. Mais quand on voit ce que fait ton pays ici, c’est pas bon ! » Et lui et tous les autres noirs se mettent à rire, et rient à n’en plus finir, aussi du rire jaune du médecin blanc, qui visiblement ne comprend pas bien. Mais pourquoi rient-ils donc ? Voilà une bien bonne question recherche !

Et c’est sur cette question qu’a commencé en 2014 la nouvelle « grande recherche » de Let-Know Café, qui fait suite à celle d’ À la recherche d’Épistémè de 2010 à 2015.

Bon, il a bien fallu commencer à chercher dans un sens. Et nous avons au départ, tenté de creuser un peu « ce que fait notre pays », la France, dans ce pays au centre de l’Afrique. Quand on s’engage dans ces questions, il semble effectivement bien vite que le dogme du « libre marché » diffusé par les institutions financières internationales et l’absence de contrôle public des multinationales portent de fait une très lourde responsabilité sur la situation de bon nombre de pays d’Afrique : l’accès aux soins y est difficile et l’espérance de vie des habitants dépasse parfois difficilement 50 ans.

Mais alors, si comme le sous-entend Kar, cette très grande pauvreté est due en bonne partie à des activités politico-économiques qui visent à enrichir des pays comme le nôtre, comment donc notre société tolère-t-elle une si grande et mortifère injustice ? Notre question de recherche devient là plus précise : comment donc se construit la tolérance à l’intolérable ? De quelle nature est ce champ politique qui semble osciller entre fraternité et domination ? À quoi ressemble le soin lorsque le lien social s’éloigne ou se rapproche de la fraternité ? Quelles médiations sanitaires sont possibles dans l’emprise et la domination ?

Allez, on a bien avancé la question. Et on s'est bien éclairé avec l'oeuvre de Hannah Arendt. On se donne jusqu’à fin 2018 pour rassembler encore les données. Et on rédige « Anthropologie des rires noirs » en 2019 !

 

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