Travaux sur le soin

2008-2013 : la vérité plurielle des médecins et leur rapport à la réalité du vivant.

 

La vérité plurielle des médecins. Approche anthropologique de la vaccination contre l’hépatite B sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Thèse de doctorat en anthropologie. Université Lyon 2. 2013 

Voilà le travail de thèse d’un médecin (le gérant du café) qui s’est aventuré dans le monde des anthropologues. C’était une sorte de course en solitaire, ce genre de course où il n’y a pas de public pour crier sur le bord, "allez mon gars, vas-y, plus que 50 mois, tu vas y arriver!!!" Non dans cette course-là, il y avait surtout des embruns, le genre qui passe sous tes voiles à peine en te voyant, et qui se plait à te dézinguer le capiton !  Mais heureusement, la transat s’est bien terminée, très honorablement même ! Mais bon, moyen envie de se relancer dans cette mer là…Humm…Ouvrir un café !?

RESUME : La vaccination contre l’hépatite B est loin d’être un objet de consensus pour les médecins du quartier des pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Cette diversité des opinions interroge quand cette maladie semble tuer aujourd’hui en France, sept fois plus que le VIH. Alors nous nous demandons comment se construisent les vérités de chacun et de quelle façon les médecins pensent leur capacité à se mettre en lien avec la réalité du vivant. Pour tenter de comprendre, nous avons suivi la voie classique de l’enquête de terrain, et nous avons saisi l’opportunité méthodologique d’être à la fois médecin généraliste et chercheur, pour proposer un point de vue anthropologique original, et promouvoir la réflexivité. Ainsi, nous voyons comment les discours de vérité des médecins généralistes, alternatifs ou spécialistes, à l’échelle d’un quartier, prennent forme dans la construction des identités et les jeux de pouvoir qui règlent les positions de chacun. Et la vérité devient plurielle. Ces mécanismes offrent aux soignants du sens, autant pour leur existence que pour leur pratique professionnelle. Mais les vérités sont aussi le résultat d’un authentique effort pour accéder au réel. La science est alors considérée comme le principal outil. Le médecin aime encore à trouver d’autres médiateurs, un maître ou une société savante. Et la question de l’expérience vient timidement en dernier, comme non politiquement correcte ou non politiquement souhaitable. Le savoir par l’agir et le voir de la pratique, semblent pourtant le point commun de tous. La différence entre le scientifique et le praticien est ainsi questionnée, tout comme la pensée objectiviste des professeurs de médecine et de la science en général.

 

La thèse

Le résumé (26 p.)

(Nos travaux sont en accès libre et on appréciera votre participation, ici : )

 

Etude anthropologique sur la connaissance d’un médecin généraliste sur la maladie et le soin : entre croyances et réalité biologique. Essai d’auto-analyse à partir des représentations de l’hépatite B, de l’épidémie de grippe H1N1 (2009) et de la vaccination. 2011. Publication Let-Know café.

Pierre BOURDIEU disait dans son livre « Science de la science et réflexivité » que pour porter au jour le caché par excellence, ce qui échappe au regard du savant, l’inconscient transcendantal, il faut historiciser le sujet d’historicisation, objectiver le sujet d’objectivation… Il est trop fort ce BOURDIEU !! Allez, on tente le coup. Dans ce texte, on s’historicise et s’objectivise ! Pour comprendre comment les autres soignent, il faut en premier