Travaux sur la méthodologie

2009-2012 : l'anthropologie? Oui, il y a une méthodologie!

La méthodologie : notre démarche de recherche anthropologique. 2013. Publication Let-Know Café.

Nous proposons ici un article sur la méthodologie en anthropologie. C’est celui rédigé lors de notre précédente recherche sur « la vérité plurielle des médecins ». Il nous semble en effet plus pertinent pour exposer le positionnement de l’équipe de Let-Know Café sur la question, de le faire par un contexte précis de recherche pour éviter des propos trop généralistes. Le texte aborde la question de l’enquête de terrain, du recueil des données et de leur analyse.

 

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2009-2012 : L’anthropologie ? Oui c’est une science !

La scientificité des sciences humaines. Pourquoi la connaissance produite par les méthodes qualitatives est-elle scientifiquement valide ? Retour sur le voyage "inter-épistémique" d’un médecin devenu aussi anthropologue. 2011. Publication Let-Know Café.

Après le côté pratique du texte précédant, nous abordons la méthodologie davantage sous son angle philosophique. Quelle vision épistémologique porte Let-Know Café sur les sciences humaines? Les trois textes suivants abordent ces questions, notamment illustrées par le parcours universitaire de notre scientifique-pratiquant, de la fac de médecine à la fac d’anthropologie. Vous connaissiez les voyages intergalactiques, voici là un voyage interépistémique !

RESUME : Les méthodes qualitatives, même si elles sont de plus en plus sollicitées, conservent une image, dans le milieu des disciplines de la santé, d’approximation pour ne pas dire de bricolage. Pourtant, elles ont bien une ambition scientifique en tant qu’outil justement des "sciences humaines" et en particulier de l’anthropologie. C’est ce que nous a montré le passionnant voyage "inter-épistémique" où nous nous sommes laissé enseigner successivement par les facultés de médecine et d’anthropologie, pour interroger la notion de vérité en santé. Se questionner pour un médecin sur le pourquoi de la validité scientifique des sciences humaines, invite à se décentrer, sortir du prêt-à-penser quantitatif. Et il faut de la même manière faire une lecture critique d’une anthropologie aux ambitions parfois imprudemment généralisantes. Alors, nous pouvons présenter notre point de vue sur la scientificité du qualitatif, en explicitant notre philosophie scientifique, ses conditions de validité, notre méthodologie en balançoire et le projet de cette aventure singulière qu'est celle d’un homme qui étudie un autre homme.

 

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Le « Je » de la vérité du soignant-anthropologue. Quelle opportunité pour la connaissance de la double formation du praticien-chercheur ? 2012. Publication Let-Know Café.
RESUME : Etre soignant et anthropologue implique un curieux positionnement où se conjuguent deux rôles indépendants qui semblent convier celui qui s’y livre à un curieux jeu de cache-cache. Mais la double formation est une situation de recherche véritablement originale, qui ne va pas sans soulever les difficultés épistémologiques qu’implique la familiarité du chercheur avec son propre univers social. Nous pensons que par une attitude méthodologique réflexive, le soignant-et-chercheur peut transformer son engagement dans le soin en distance. Il lui faut alors situer son rapport au réel, objectiver sa subjectivité, pour un retour à l’objectivité cette fois intersubjective. Etre soignant-et-chercheur devient alors une réelle opportunité pour la connaissance, en offrant un regard original sur l’acteur comme sur le chercheur, ainsi qu’un nouvel espace pour penser, où les épistémologies imaginaires céderont place à une épistémologie réaliste sur le chercheur, son objet et ce qui les lie.

 

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De la faculté de médecine à la faculté d’anthropologie, En-quête d’épistémologie. 2012. Publication Let-Know Café.
RESUME : Se laisser enseigner par la vérité des professeurs de médecine le temps d’un cursus universitaire puis par celle des professeurs d’anthropologie le temps du cursus suivant, est un parcours d’initiations. Il interroge la notion de réalité en santé où le positivisme de la biomédecine semble atteindre ses limites, coincé dans une expérimentation inaccessible qui dénigre l’expérience. L’anthropologie semble dans le même sens peiner à se départir d’une approche moralisante qui invite au relativisme sans se l’appliquer à elle-même. Comment nous représentons-nous à l’issue de la visite de ces deux champs, la scientificité de notre discipline et la validité de ses résultats ? Nous formaliserons dans cet écrit notre scepticisme à l’égard des prétentions généralisantes, tout en réhabilitant la description comme un fondement de notre démarche. Nous trouverons là notre épistémologie que nous pensons réaliste dans un mouvement de balancier entre la description et la généralisation.

 

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Etre soignant et anthropologue, quelle opportunité pour la connaissance. Communication au congrès de l'Association Française d'Ethnologie et d'Anthropologie. 2011. 

Nous tenons à évoquer le congrès de l’AFEA, qui avait le très joli titre de « connaissance no(s) limit(es) » première communication dans le milieu professionnel en anthropologie de Jean le Gérant. Il avait fait le choix de se cantonner à une réflexion sur ce qu’implique le double positionnement de praticien et de chercheur.  En sortant de la salle, une collègue a voulu présenter Jean à un de ses pairs qui avait assisté à l’intervention. Il dit à notre gérant : « votre intervention est devenue intéressante au moment où vous l‘avez terminée. Tout le reste n’était qu’un ensemble de poncifs ». Jean avait évoqué en toute fin, à la demande du modérateur, le thème de nos travaux de l’époque autour du vaccin et de l’hépatite B. Entre « connaissance, nos limites » et « connaissance, no limit », ces deux-là avaient fait visiblement des choix différents !!… Les anthropologues ? ? Nous, on les kif grave à Let-Know café !!!

RESUME : Il est frappant de constater combien les avis sont divergents entre les soignants sur un sujet donné de santé comme la vaccination contre la Grippe A ou l’hépatite B. Cette diversité des opinons interroge et motive la recherche que je mène aujourd’hui, à l’occasion d’un doctorat en anthropologie en parallèle à ma pratique de médecin  généraliste à Lyon. Notre méthodologie pour cette recherche doit saisir l’originalité de mon positionnement d’être à la fois chercheur et praticien. Nous choisissons dans ce sens d’effectuer dans un premier temps, un travail d’auto-analyse de mes propres croyances sur la maladie et le soin afin d’organiser les outils théoriques pour un retour au terrain dans une nouvelle position d’observation des autres thérapeutes conventionnels du quartier. Nous pensons que mon double statut nous permet de voir et percevoir de l’intérieur, et de décrire au plus près la situation étudiée. Nous défendons une conception heideggérienne de la compréhension qui veut que « comprendre, c’est un s’y comprendre soi-même ». Autrement dit, comprendre comment les autres soignent, c’est en première analyse comprendre comment moi je soigne. Le double positionnement offre l’opportunité pour l’anthropologie de voir autrement. Et dans le même temps, il ouvre tout de suite le débat pour savoir si nous pouvons réellement adopter une telle position «externe» d’observateur vis-à-vis de nous-mêmes et de notre connaissance afin de gagner une explication suffisamment générale de la manière dont nous savons les choses que nous savons. Et si nous réussissions à nous détacher de toute vérité dans le domaine qui nous intéresse, cela n’impliquerait-il pas de découvrir que nous ne pouvons jamais rien savoir dans ce domaine ? Le soignant-chercheur prend le risque ici de paralyser sa pratique, confronté aux théories sceptiques où l’on ne pourrait rien dire de l’être et du biologique, toute vérité relevant de l’interprétation, de la tradition, et du langage.
Nous défendons la subjectivité de notre démarche, pas seulement pour assumer les biais qu’elle implique mais surtout pour l’ériger comme fondement de notre méthode de production de connaissance et comme un moyen de s’attaquer de front à la complexité des réalités de santé. Nous pourrons ainsi aller vers l’objectivité d’une anthropologie de la construction des savoirs de ceux qui soignent.